| Découverte de la montagne |
| Lundi, 19 Septembre 2011 16:09 |
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Après une petite journée de route, on arrive à Chamonix. Nous profitons un peu des charmes de la ville et traînons dans les magasins de montagne. Nous nous éloignons un peu pour monter la tente dans la forêt. Le lendemain, après un petit café, quelques courses et un check météo, nous préparons nos sacs et prenons le téléphérique pour l'Aiguille du midi. Il faut à peine plus de trente minutes pour faire 2800 mètres de dénivelé et relier Chamonix à l'Aiguille (3842m). Ces installations qui permettent de monter de Chamonix à l'Aiguille, passer au-dessus de la Vallée Blanche, arriver à la Pointe Herbronner puis redescendre à Courmayeur en Italie sont impressionnantes. De là, nous allons rejoindre le pied du Grand Capucin dans la Combe Maudite (sur le versant est du Mont Blanc du Tacul). Olek et moi mettons nos crampons, nous encordons et avec les gros sacs sur le dos nous nous apprêtons à descendre l'arête qui rejoint la Vallée Blanche. C'est hyper impressionnant ! Cela fait à peine plus de cinquante centimètre de large et la pente à gauche descend direct 1200 mètres plus bas, faut pas tomber ! Il faut environ 2h30 pour rejoindre notre futur camp de base. C'est la dernière partie qui est la plus dure. Ca monte bien et il faut passer entre pas mal de crevasses. Une fois sur place, on trouve un endroit plus ou moins plat sur le glacier et nous installons la tente. Là, nous sentons tout les deux les effets de l'altitude avec la tête qui tourne. Ce qui est sûr, c'est que comme endroit de "camping", j'ai rarement vu mieux, c'est beau. Le Grand Cap est devant nous dans toute sa splendeur, du haut de ses 400 mètres. Demain nous tenterons d'atteindre le sommet par la voie "Voyage selon Gulliver" 7b max, 6c obligatoire ouverte par Michel Piola et Pierre-Alain Steiner en 1982. Bonne nuit Olek ! Réveil un peu avant 7h. Nous avalons un bon porridge, préparons les rations pour la journée et faisons fondre de la neige pour avoir de quoi boire. A 8h30 et après un passage de rimaye assez folklorique, nous commençons la voie. Le rocher est super beau, bien adhérant et très agréable car orienté sud en plein soleil. Nous ferons les 11 premières longueurs non sans peine (ça grimpait jusqu'au 7a+) et juste avant la longueur en 7b (à 5 longueurs du sommet) nous décidons de redescendre. Nous sommes fatigués et préférons faire les rappels quand il fait encore clair. Nous sommes tout les deux un peu déçus, mais heureux d'être montés jusque là. Nous passons une seconde nuit dans la Combe Maudite et repartons vers l'Aiguille du Midi le lendemain matin. Il a neigé durant la nuit et nous devons refaire une trace. C'est flippant car les petites crevasses peuvent être cachées sous la neige. Au retour c'est plus dur, ça monte bien jusqu'à l'Aiguille. Il nous faut 3h30 pour y arriver. Je suis vraiment mort après ça. Nous laissons nos sacs au pied du Refuge des Cosmiques car John arrive bientôt à l'Aiguille. Trop cool ! Nous allons le rejoindre, ça fait bien plaisir de le voir. Il est arrivé avec des gros sacs, car il nous ramène aussi de la nourriture pour la suite. Nous redescendons tous l'arête et nous nous rendons au refuge pour passer une nuit au chaud. Le lendemain, notre objectif est de faire la combinaison "Voie Mazeaud" - "Ma Dalton" - "Voie Rébuffat" sur l'Aiguille du Midi (200 mètres en 8 longueurs jusqu'au 7a). Nous nous alternons dans les différentes longueurs. C'est John qui fera les plus dures (Olek et moi on se sent bien fatigués) et il ne fera qu'une chute sur toute la voie. Le rocher est toujours aussi beau et nous trouvons de tout : fissures, dièdres, écailles. Lorsque nous rejoignons la voie Rébuffat, il y a plus de monde et nous sommes parfois 5 sur un relais. La descente sera assez rapide, car on arrive à faire des grands rappels de 50 et 60 mètres. Nous allons reprendre nos affaires au refuge et allons installer la tente plus bas sur le glacier pour notre dernière nuit en montagne. Le lendemain (cinquième jour à plus de 3600m pour Olek et moi) on se sent vraiment fatigués. John a encore de l'énergie et avant de retourner à Cham, John va essayer une magnifique fissure de 40 mètres sous le refuge des Cosmiques : la fissure Leroux. C'est long, beau et dur. Il met une heure pour arriver au relais. Ouch ! J'essayerai aussi, mais en moulinette. Je bouge dans les sections à doigts. Par contre il y a des parties trop larges pour coincer les doigts et pas assez pour coincer la main, et là c'est dur. Il faudra revenir. En début d'après midi, nous préparons les sacs pour une dernière remontée jusqu'à l'Aiguille. On est tellement chargés qu'on laisse des affaires avant la dernière partie plus difficile de l'arête. Nous devons donc refaire un aller-retour pour aller les chercher. Quel bonheur de redescendre dans la vallée ! C'était incroyable. Toutes les photos sont ici ! (signées John Thomas et Florian Castagne) |
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