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2010 L'odyssée de la grimpe
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Jeudi, 03 Mars 2011 13:32
2010 L'odyssée de la grimpe !Tout a commencé le 13 janvier 2010. Ce jour-là Nicolas Andry et moi-même nous embarquions pour Buenos Aires laissant nos amis et nos familles derrière nous. Cette mégapole n’était qu’une étape, la première d’un long voyage qui devait nous faire traverser le continent américain. Du sud au nord, en suivant l’été pendant 8 mois et demi. L’idée était de s’arrêter dans quelques spots d’escalade choisis mais aussi de se laisser surprendre par le voyage. Une ligne bien pure sur le papier mais qui allait nous réserver des surprises nous en étions sûrs et nous avions raison.

Alors voilà qu’a peine arrivé à Buenos Aires nous sommes accueillis par Florence, ma copine qui est en Argentine pour un an. Nous avons juste le temps de profiter une journée du soleil de la capitale que déjà nous nous envolons à nouveau vers Rio Gallegos. Le sud de la Patagonie nous ouvre ses bras tandis que nous partons vers notre premier objectif mais non des moindres, El Chalten. Son nom résonne comme une terre de promesses et de désillusions. Tant de faces mythiques, tant de grands noms se sont forgés là-bas et nous y sommes enfin. Rapidement nous jetons notre dévolu sur une « petite face », 500m tout de même, qui se nomme « El Mocho ». Celui-ci se trouve dans la vallée du Cerro Torre et juste à côté de celui-ci, profitant donc de la « douceur » de ses tempêtes aussi rugissantes qu’incessantes. La stratégie est simple, on s’installe au camp avancé (campo Bridwell) et on attend là qu’une fenêtre météo se dégage.

Arrivée à El Chalten - Patagonie El Mocho - 1ère tentative

Attendre… Ca fait partie du jeu. Alors après une grosse dizaine de jours sous la tente nous tentons un essai vers la face. Résultat : une nuit « all inclusive » : vent, pluie, froid et exigüité sont gratuits, à profusion et pour toute la nuit. Le matin, évidemment, le temps est toujours aussi pourri et lorsqu’on entraperçois la face, celle-ci est plâtrée de cette neige-glace si particulière aux vents patagoniens. Nous sommes obligés de faire demi-tour vers le camp. Au moins on connait la marche maintenant. C’est le lendemain que notre plus grande surprise patagonienne nous tombe dessus. Tom Coosemans, qui vient d’entreprendre un long voyage à vélo et qui était au courant de notre présence en Patagonie nous retrouve au camp avancé et décide de passer quelques jours en notre compagnie. Sa motivation débordante nous pousse à repartir le lendemain même pour une nouvelle tentative dans une courte fenêtre météo. On tente et on grimpe. On grimpe bien même, jusqu’aux 2/3 de la paroi environ avant que le mauvais temps ne nous rattrape. Ces 3 heures d’escalade nous les vivons comme un des plus beaux moments d’escalade que nous ayons jamais rencontrés. Mais il est déjà temps de repartir, les cordes de rappel remontent à cause du vent lorsqu’on les lancent, la pluie et la neige s’amènent… Si bien que nous sommes obligés d’abandonner une corde coincée qui parait irrécupérable. En tout cas pour l’instant…

El Mocho El Mocho, avant le demi-tour Tom Coosemans de passage à El Chalten

Nous décidons d’attendre encore un créneau météo pour aller la récupérer. Assez bizarrement nous nous sentons comme satisfait de cette escalade et nous n’éprouvons nullement le besoin de plus de grimpe ici. Tant de lieux nous attendent encore. Nous passons encore 5 jours au camp de base pour ce créneau. Il ne vient toujours pas et nous décidons donc de repartir en abandonnant notre corde. L’idée de ne pas laisser la montagne comme nous l’avions trouvée nous fait mal au coeur, mais là, on en a vraiment marre de cette foutue tente et on n’est pas du tout sûrs que ca va s’arranger dans les jours qui viennent.
On prend la route en stop d’abord, puis en bus quand ça ne fonctionne plus. Arrivés à Bariloche nous prenons les renseignements nécessaires pour la vallée de Frey qui nous promettent des aiguilles granitiques plus courtes, rougeâtres et une météo plus clémente. Bon, il semble qu’on trimballe le mauvais temps avec nous car en une semaine sur place nous ne grimpons que deux voies. Mais l’ambiance au refuge est excellente et nous sommes déjà copains avec des grimpeurs brésiliens, américains, polonais… De plus la vallée est vraiment superbe.

Bariloche, en route pour Refugio Frey Ambiance Refugio Frey Trip rando à Mendoza Ambiance Arenales Tango et en route vers la Bolivie

Notre objectif de ville suivante est Mendoza. En y arrivant, nous sommes fatigués. Physiquement et mentalement les sacs nous pèsent et nous commençons à remettre en question la faisabilité de notre trip jusqu’au bout dans la manière entreprise. Nico a des douleurs dorsales et j’ai moi-même une cheville qui s’enflamme depuis plus de 10 jours due au poids de nos sacs. La solution qui nous apparait la plus simple est d’acheter une voiture, de s’assurer qu’on pourra passer les frontières avec celle-ci et en avant. La galère en stop dans la pampa et les déserts se transforme en joyeux road trip. L’idée n’est pas si mauvaise mais c’est sans compter les problèmes multiples et la lenteur des administrations. Nous passons presqu’un mois autour de Mendoza pour mettre un maximum de chances de notre côté et faire les choses dans les règles. Entre temps, Florence et deux de ses amies (Sophie et Charlotte qui ont réalisé un projet humanitaire au Pérou et qui sont en vadrouille en Argentine) nous rejoignent pour quelques jours de randonnée dans un très joli coin aux alentours de Mendoza qui s’appelle Vallecitos. L’endroit est magique, perdu et les rencontres fortes avec deux québécois qui rient autant de notre accent que nous du leur. Ils nous jurent que les dattes au fromage bleu sont un met de choix et nous promettons de goûter une fois le voyage terminé.

Voila qu’enfin notre voiture est prête, payée et les papiers en règle. Nous ne perdons pas de temps et nous mettons en route vers Arenales, une nouvelle vallée, de nouvelles aiguilles de granite, une expérience de plus. Un petit refuge gratuit nous souhaite la bienvenue et l’escalade est fantastique. Nous ne restons pas longtemps car déjà la soif de la route se fait sentir et le temps perdu à acheter la voiture nous met légèrement en retard sur le planning. Nous repassons par Mendoza pour une soirée au restaurant avec Florence et ses parents qui sont en visite. Nous garons donc la voiture devant l’hôtel des parents où nous passerons la nuit sur un canapé. Mais voilà qu’en rentrant du restaurant nous constatons que le coffre de la voiture, contenant toutes nos affaires d’escalade, de camping… a été forcé. Nous ne parvenons pas à l’ouvrir même avec la clé et devons attendre le lendemain pour aller chez un serrurier. Lorsque le coffre s’ouvre devant nous, c’est la stupéfaction : plus rien ! Ils n’ont laissé que le piolet et la casserole. Le choc est rude d’autant que l’ironie de la situation est évidente : nous avions acheté une voiture car les sacs étaient trop lourds et maintenant nous avons une voiture mais plus rien à mettre dedans. Il ne nous reste qu’un t-shirt, un short, nos passeports et heureusement les images filmées depuis le début de l’aventure. Que faire de notre idée de voyage si nous ne pouvons grimper ? Toutes ces années d’économies de matériel pour un voyage d’escalade qui s’annonçait si beau et qui nous laisse déjà un goût amer. Mais nous ne nous laissons pas abattre, nous trouverons des solutions mêmes si nous sommes contraints à ne plus faire que du bloc. C’est dans cet esprit que nous partons vers le nord de l’Argentine et ces merveilles à découvrir. Après près de 2000 kms, nous arrivons à la frontière bolivienne et c’est alors que le second coup de marteau nous tombe dessus. Les autorités refusent de nous laisser passer la frontière avec la voiture pour quelque obscure raison d’exportation. Or nous avions bien entendu de la bouche de l’administration de Mendoza ainsi que de celle d’une avocate qu’il ne devait pas y avoir de problème… Là s’en est trop, nous ne savons que faire car la voiture représentait un investissement et nous ne pourrons la vendre qu’en prenant une fois de plus beaucoup de temps, qui nous manque.

Nous sommes partis depuis près de 2 mois et demi et l’Argentine nous a donné le meilleur mais aussi le pire. Nous décidons finalement de nous remettre en route vers le sud, Buenos Aires et ensuite Tandil où nous pourrons rester quelques temps dans la famille d’accueil de Florence pour faire le point sur la situation et réfléchir à la suite des événements. Nous trouvons finalement une solution : contrairement à ce qui était prévu, nous prendrons un avion jusque Los Angeles pour rattraper le « temps perdu ». Je revendrai la voiture lorsque je reviendrai en Argentine à la fin de l’année, en attendant, Florence pourra l’utiliser comme elle le souhaite. Nos familles et amis nous enverrons du matériel de base directement à Los Angeles. Nous n’aurons pas de coinceurs mais au moins nous pourrons grimper. Nos sacs seront, par la même occasion, considérablement allégés. Alors lorsque nous volons au-dessus de l’Amérique du sud et centrale, un sentiment d’avoir pris la bonne décision et de laisser les problèmes loin derrière nous nous habite.

Le soleil de Los Angeles est chaud et la piscine de l’auberge de jeunesse que nous avons réservée nous remet les idées bien en place. Ca fait presque un mois que nous n’avons pas grimpé et la motivation remonte haut tandis que nous nous rendons compte que nous sommes juste à côté du parc national de Joshua Tree, spot bien connu de l’ouest américain. C’est sur la route d’accès de ce spot que nous rencontrons Fred : grimpeur quinquagénaire qui a vendu sa maison pour acheter une camionnette et grimper d’un spot à un autre. Il nous prend en stop et ni lui ni nous ne savons alors que nous resterons près d’un mois ensemble. Joshua Tree est un désert qui présente des rochers de tailles variées, du bloc court ou très haut, des couennes sportives, traditionnelles ou mixtes. Le rocher granitique est le plus adhérent que nous ayons jamais rencontrés et, dès le premier jour, des gouttelettes de sang apparaissent sur nos doigts. Nous nous délectons de cette escalade variée et du chant des coyotes tout proches après un coucher de soleil époustouflant. Nous restons dans ce paradis une grosse semaine pendant laquelle nous grimpons tous les jours.

C’est donc en compagnie de Fred que nous nous mettrons en route vers le massif des Red Rocks. Celui-ci se situe juste au-dessus de la fiévreuse ville de Las Vegas que nous ne manquons pas de visiter. Les Red Rocks sont un ensemble de petites parois de grès rouge qui offrent une escalade sportive d’excellente qualité et de toutes les inclinaisons. Nous y resterons une quinzaine de jours en nous remettant en forme sans que nos doigts ne subissent trop de dommages. De là, nous partons vers St Georges, qui se situe à la frontière du Nevada et de l’Utah, nous n’y grimpons qu’une journée, visitant les deux secteurs les plus intéressants.

Joshua Tree Fred dans son Van

Viens ensuite une nouvelle destination phare pour les amateurs de grandes voies : Zion National Park. Ce parc nous accueille tous les trois en nous offrant ce qui sera sans doute une des meilleures journées d’escalade du voyage. La vallée principale de Zion, avec ses grandes parois allant jusque 400-500m est magnifique. Mais nous choisissons de commencer par une petite vallée voisine dont les photos d’une paroi nous font rêver dans le dernier magazine « climbing ». Il s’agit d’un mur déversant de 35 a 45°, de 200m de large et d’une centaine de mètres de haut. Le rocher est un grès rouge comme partout à Zion et les voies sont sportives mais font surtout entre 40 et 50 mètres de haut nous obligeant à fractionner les descentes. Immédiatement, Nico et moi-même sommes impressionnés par ce dévers. Il n’y a que 5 ou 6 voies mais toutes très longues et surtout suivant chacune une ligne de bacs meilleurs les uns que les autres. En gros, si on ne peut pas y mettre un genou, la prise n’est pas considérée comme bonne, certaines nous permettent de nous y glisser tout entier. Mais le dévers est redoutable et même avec les meilleures prises du monde, après 40m d’escalade, l’acide lactique nous asphyxie les avant-bras.

Zion National Park Kolob Canyon Relais dans Angel's Landing - Zion Sommet de Angel's Landing - Zion

Après une remise en forme en trad (avec les quelques coinceurs de Fred) nous prenons encore le temps de faire une grande voie traditionnelle à Zion. Une des rares sans artif. obligatoire, environ 9 longueurs, 3 relais, ambiance garantie et, au sommet, une des plus belles vues de la vallée que viennent y trouver les touristes en mal d’altitude en y perdant leurs casquettes à cause du vent (nous en avons trouvé 3 dans la voie, envolées du sommet). A Zion, nous sommes également en contact avec un responsable de la firme « Black Diamond » qui, apprenant nos mésaventures argentines, nous offre une grosse réduction sur l’ensemble de leur catalogue. Nous leur commandons donc de quoi continuer à grimper sur coinceurs et promettons de venir les saluer en personne au siège de l’entreprise à Salt Lake City. Ils nous enverrons la commande dans la prochaine destination : Moab.

Si on dit souvent que le Yosemite est l’école de l’escalade traditionnelle, on dit aussi qu’Indian Creek en est l’université. Indian Creek est une vallée qui se trouve à une heure de route de la ville de Moab en plein désert de l’Utah. La ville est enserrée entre deux parc nationaux : Arches et Canyonlands. On peut grimper dans chacun d’eux ainsi qu’à Indian Creek, mais si les parcs sont caractérisés par de grandes tours de grès rouge, Indian Creek, lui, ne présente que des couennes, bien entendu uniquement traditionnelles. Nous resterons en tout un mois autour de Moab, principalement à Indian Creek bien que nous visitons également quelques unes des plus belles tours d’Arches, de Canyonlands, mais aussi certaines autres situées en-dehors de ces parcs. La ville est un vrai paradis pour grimpeurs, vttistes, amateurs de 4*4…et en plus on y trouve les meilleurs burgers de tous ceux que nous avons pu goûter durant notre périple: tout simplement énormes, extrêmements gras et aux recettes multiples et originales. C’est également là que nous rencontrerons Andrew qui prendra rapidement la place de Fred qui s’en vas vers de nouvelles destinations de son côté par manque de motivation pour l’escalade traditionnelle. Andrew est un petit bonhomme capable de courir trois marathons sans s’arrêter, le genre de personne qui ne paie pas vraiment de mine au premier regard mais qui impressionne par sa détermination une fois qu’on le connait mieux. Nous y rencontrerons également Luke, un sympathique randonneur qui semble voir pour la première fois de sa vie des grimpeurs et qui est littéralement émerveillé par l’escalade. Nous l’emmènerons avec nous pendant deux journées d’escalade à Indian Creek et se montrera l’homme le plus heureux du monde au sommet de sa première voie en moulinette. Il nous invite à passer par chez lui à Salt Lake City en remontant vers le nord. Si bien qu’un peu plus tard nous nous mettons en route vers chez lui en compagnie d’Andrew. En chemin nous ne manquons pas de visiter un spot de bloc très prisé de l’ouest américain : Joe’s Valley. Le rocher, du grès très compact et aux prises variées, est très beau mais le spot ne nous enchante pas et nous ne nous attardons pas.

Brice Canyon - Utah Scarface à Indian Creek Indian Creek Andrew dit "Offwidth Lover" The Rectory - Utah

Andrew dans The Rectory - Utah Honey Moon - Utah Rando dans les Lassale Mountains - Utah Bloc à Joe's Valley En route vers Salt Lake City

Sans tarder nous nous mettons en route, en compagnie d’Andrew, vers Salt Lake City et la maison de Luke. Ces quelques jours de repos font du bien et nous ne manquons pas d’aller remercier « Black Diamond » en personne. Ceux-ci nous offrent même une visite guidée de l’usine de conception et de fabrication de leur produits ! Mais déjà l’appel des Bigs Walls du Yosemite se fait sentir et nous prenons un train pour rejoindre Sacramento, puis Mercedes et enfin un bus qui nous mène dans la vallée.

Visite du site Olympique En route vers le Yosemite En route vers le Yosemite Entrée au Yosemite Yosemite

Cette vallée du Yosemite, c’est la seconde fois que nous y entrons. C’est donc avec un étrange sentiment de chez nous et de vacances dans les vacances que nous reprenons nos marques. L’envie de grimper est bien là mais l’envie de profiter des randonnées et de se reposer pointe également le bout de son nez. Petit à petit nous rencontrons d’autres grimpeurs dans CAMP 4. Une petite bande de copains se met en place avec comme d’habitude des gens de partout. Un soir nous allons déguster une pizza que Nico avait gagnée dans un pari à Indian Creek et nous nous retrouvons à table entourés de gens originaires de 4 continents et de multiples pays. L’escalade est belle, les faces énormes et nous grimpons pas mal. Mais nous profitons également de quelques moments de randonnée notamment avec Valérie et Géraldine. Deux amies belges qui passaient par là, décident de venir nous faire un petit coucou.

East Butress sur Central Pillar of Frenzy - Yosemite Jours de repos Rêves de faces - Yosemite Rando sur les hauteurs du parc San Fransisco

Après deux semaines au Yosemite, nous nous mettons en route vers San Francisco et visitons cette superbe ville ensemble. Valérie repart de son côté vers la Belgique tandis que Géraldine, Nico et moi-même continuons notre avancée vers le nord en stop, objectif: Vancouver. GG y a passé un an et elle y a des amis qu’elle veut saluer avant de rentrer, elle aussi, en Belgique. Vancouver nous accueille à bras ouverts et le Canada nous semble déjà nous rapprocher de la fin de notre voyage à nous. Il nous reste encore deux mois mais la fatigue d’un si long voyage se fait sentir et Vancouver est, pour nous, synonyme de repos et de nouveaux amis, expatriés français pour la plupart. Manue, Charles, Camille, Joe et toute la bande nous font découvrir Vancouver et partagent avec nous leur passion pour cette ville mais aussi quelques bières locales.

Squamish est un des plus beaux spot d’escalade de l’ouest canadien et n’est qu’a une heure de route de Vancouver. On y trouve pas mal de grandes voies mais aussi beaucoup de bloc. Les grandes voies ne nous attirent pas vraiment pour l’instant. Nous sommes un peu fatigués de grimper et c’est, par le bloc, que la motivation va revenir. Les journées sont plus courtes, chacun dans son niveau et on rencontre beaucoup de gens. Bien-sûr nous ferons quand même quelques grandes voies sur les deux semaines, notamment une très belle avec Tobi, un copain du Yosemite qui voyage ici avec sa copine. Après un retour à Vancouver pour y retrouver Nicolas Lefebvre, Lef’, à l’aéroport nous planifions notre dernière aventure, celle qui bouclera notre voyage en beauté…

Stop vers le Canada Bonnes fêtes les mamans Bonnes fêtes les papas

La Fleur de Lotus. Située dans les territoires du Nord ouest canadiens, juste à la frontière du Yukon est digne d’un rêve. Mais comme tout les rêves, il est difficile à atteindre. Il nous faudra parcourir plus de 2000 kms en stop pour y parvenir, ensuite probablement louer les canoës et après une dizaine de jours de navigation nous apercevrons peut-être la face… Ce plan audacieux, nous ne le réaliserons finalement pas. C’est ici l’histoire d’un rêve de deux ans qui s’efface en deux heures d’imprévus de voyage et une rencontre…

Ranch Pointe en Alaska Pêche en domaine "Cowboy" - Canada Pêche Alaska

Quand nous entrons pour la première fois dans le ranch de Martin, ça fait trois jours que nous faisons du stop et le moins qu’on puisse dire, c’est que ça ne marche pas vraiment fort, nous n’avons parcourus que 700kms. De plus l’état de nos finances est de plus en plus difficile et quand Martin, qui nous a pris en stop, nous demande si nous voulons visiter son ranch, on se dit, que ça nous distraira un peu du stop. Après nous avoir expliqué que son métier est d’élever des chevaux et de faire des tours dans la région avec des clients, il nous demande si nous voulons faire un tour ? Bien entendu l’idée nous emballe et voilà qu’après quelques formalités nous sommes Nico et moi pour la première fois sur un cheval. Et on apprécie. Je ne sais plus exactement comment on commence à en parler mais le fait est qu’après une heure de tour à cheval et de discussion avec Martin, nous décidons Lef’, Nico et moi de rester lui donner un coup de main dans le ranch pour quelques jours. Les quelques jours se transformerons finalement en un mois. On coupe du bois, on va chercher des ballots de paille, on rénove des cabanes et on monte à cheval. En échange nous recevons un endroit pour dormir et à manger chaque jour. La famille de Martin n’est pas conventionnelle mais très vite nous sommes intégrés. Martin est content d’avoir de l’aide et nous sommes heureux de penser à autre chose qu’à l’escalade… Nous visiterons même pendant un week-end, l’Alaska, en compagnie d’Amanda, avec qui Nico semble avoir une relation particulière. Mais ce qui se passe au Canada reste au Canada et, après un mois, les adieux sont difficiles même si nous nous promettons de revenir. C’est en bus que nous repartons vers Vancouver pour notre troisième visite là-bas. Lef’ reprend l’avion vers la Belgique tandis qu’il ne nous reste, à Nico et moi, qu’une grosse semaine de voyage.

Ca sent vraiment la fin d’une longue odyssée mais nous voulons encore visiter les rocheuses. Celles-ci sont sur notre route vers Calgary, de là, nous nous envolerons vers la Belgique le 1er septembre 2010. Un arrêt donc à Banff d’où nous partons pour une randonnée de 4 jours en autonomie, quasi seuls en plein territoire des ours et grizzlis. Un bon gros bol de cet air canadien si pur avant de rentrer chez nous. Le matin du quatrième jour, je me réveille de froid car il a neigé cette nuit et je pense que dans trois jour je reverrai les miens.

Rando en Alaska Rando dans les Rocky Mountains - Canada

Je savais que j’aimais ma famille mais je ne savais pas à quel point. Je savais que j’aimais la Belgique mais je ne savais pas à quel point. Je savais à quel point mes amis me manqueraient, je ne savais pas que je penserais à eux aussi souvent. Un voyage aussi long, avec le même pote, le même ami, le même compagnon ne se fait pas sans débats, controverses, disputes… Mais je pense que si Nico était déjà un ami, il est maintenant et pour toujours un ami en or et rien ni personne ne nous enlèvera nos souvenirs. Ceux-ci sont plus beaux que nos photos, plus beaux que nos films et j’espère qu’ils vous donneront l’envie d’entreprendre, l’envie d’y croire…

Je voudrais encore remercier le Club Alpin Belge de soutenir et de promouvoir l’esprit d’aventure dans un monde de plus en plus frileux mais où tout est encore possible.

L’aventure, c’est l’aventure…


Olek Kazimirowski
 

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