Frontpage Slideshow (version 2.0.0) - Copyright © 2006-2008 by JoomlaWorks
Peak and Love
+ 5
+ 0
Dimanche, 21 Février 2010 19:00
Bip Bip… 4h30 du matin ! Qu’est ce qu’on ne ferait pas pour partir grimper. Il fait noir, le sommeil nous guète et c’est avec le ventre à moitié vide que nous nous élançons en direction de Bruxelles pour prendre Nicolas au passage. Deux crash-pads, une tonne de coinceurs, nourriture, tente, etc… la voiture est pleine à craquée.
Heureusement que la Berlingo de Cyril ne manque pas de place. 5h30, il faut se dépêcher car nous avons un ferry pour l’Angleterre à prendre à Calais. Et c’est sur les airs des 100 plus grands hits des années 90 que nous parcourons les 200 km qui séparent les deux villes.

Un petit passage obligatoire aux douanes et s’est enfin l’embarquement tant attendu.

J’interromps déjà ce récit pour donner quelques petits conseils aux grimpeurs en quête du grès Anglais car qui dit Angleterre dit douane et tout les « ennuis » qui vont avec.

1: N’oubliez pas vos papiers dans votre sac. Avec la malchance, celui-ci se trouvera tout au fond de votre coffre, entre les chaussons odorants et votre unique caleçon. Nous sommes trop pressés pour jouer à Tetris, surtout en présence des gardes frontières et de l’énorme file de voitures qui attend votre départ.

2: Ayez l’air de personnes saines, souriez et dites simplement « good morning » en présentant vos précieux documents à l’intéressé.

3: Prenez votre temps et n’ayez pas l’air pressé !

Avec le coaching avant le départ de Quentin qui n’en est pas à sa première fois, l’étape c’est heureusement bien passée cette fois-ci. Les voitures garées au sous-sol, nous profitons de l’heure de traversée pour déambuler sur cet énorme bateau. Et très vite, les falaises de Douvres se découvrent à l’horizon, l’Angleterre est en vue !

A la sortie du bateau, le seul mot d’ordre était : on roule à gauche ! Je suis sur que Cyril entend encore cette phrase résonner dans se tête.

Après quatre heures de route en direction du nord, quelques embouteillages et du Pink Floyd à volonté, le GPS nous indique que l’arrivée est proche. Mais c’est dans cette paisible ambiance que cet idiot d’appareil a décidé de nous laisser tomber. Plus de réseau qu’il dit ! En une seconde, nous sommes passés des parfaits inconnus dans la région, aux touristes belges complètement perdus et sans cartes, à seulement quelques kilomètres du but. La tension devient palpable et l’erreur de conduite est vite arrivée. Après avoir déambulé au hasard et évité de justesse un engagement en contre sens, TomTom se réveille enfin et nous amène à destination : le Peak District. Ce premier parc national britannique est bien connu des grimpeurs pour ses rochers de grès, ses voies engagées et ses blocs.
Le topo en mains, notre premier choix se porte vers le secteur de Stanage. Il a l’avantage de comporter des voies faciles et des blocs à portée de pieds. Cyril et Nico s’initient à l’art de l’escalade traditionnelle britannique et enchaînent aisément « Paradise Wall » HS/4b (+- 5b), leur première voie sur coinceurs ! Quentin, de son côté fait un peu jouer l’expérience et se lance rapidement à vue dans « Comet » E3/5c (+- 6b). Avec un début tendu et engagé, il parvient, avec soulagement, à sortir la voie.

Pour honorer les deux crash-pads, l’équipe décide ensuite de passer aux blocs qui parsèment les pentes du secteur. Quelques essais rapides dans « Délivrance » (7b+) et on se rend compte qu’il fait chaud, trop chaud… Nico fera tout de même « The Zippy’s Traverse » un 7b sur plates bien…glissantes. (Photo 1) La fin de journée, avec les rayons du soleil qui diminuent et le vent qui se calme, aurait pu être très agréable mais c’était sans compter sur les microscopiques « English Midges ». Leur rencontre fut plutôt inattendue et très désagréable. Vers 19h, au moment où nous allions retourner grimper dans les voies, ces satanées bestioles se sont réveillées et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, nous nous sommes retrouvés (torses nus) recouverts de centaines de mouches piqueuses. Ces diptères nématocères sont biens connus des populations locales et certaines légendes racontent que c’est à cause de leurs assauts incessants que des régions des hauts-plateaux (highlands) écossais sont toujours inhabitées. Les midges ressemblent à des moucherons en version voraces, sont aussi gros que des grains de poivre et se déplacent en formations serrées avant de fondre sur leurs proies…vous en l'occurrence ! Un petit proverbe écossais illustre bien le phénomène « Un midge tué, cent qui viennent aux funérailles ». Pour tenter de sauver notre peau, nous sommes vite montés sur le plateau au-dessus des massifs en pensant que le vent les chasserait. Mais celui-ci, d’habitude si présent, n’était pas au rendez-vous. Il n’y avait que ces satanées mouches et des grimpeurs locaux habillés comme des talibans pour tout de même grimper avec ces bestioles. A cet instant, le seul mot d’ordre était de prendre ses jambes à son cou. Descente en catastrophe et direction le camping. Le caméraman étant autant ennuyé que les grimpeurs, nous n’avons malheureusement pas su filmer ces instants mythiques. Les insectes, bien que moins présents, étaient suffisamment nombreux pour nous pourrir un peu la soirée. Après un repas éclair fait de raviolis, nous nous sommes rendus au typique pub du village d’Hathersage, le Little John. Bonnes bières et très bonnes ambiances. C’est ça les pubs anglais !

Nicolas Farcy dans un des blocs du Peak Secteur de Burbage North

Dimanche matin, le vent s’est levé et aucune mouche ne pointe le bout de son aile ! Let’s go climbing again ! Direction Burbage North, un autre fameux secteur du Peak District. (Photo 2) Après un échauffement sommaire et quelques essais dans des blocs ‘morphos’, Cyril se lance à l’assaut de la superbe fissure de « Long Tall Sally », un E1/ 5b (+- 6a/+) très classe ! (Photos 3 et 4) Quentin et Nico y sont aussi allés de leur essai ! Juste après cette mise en bouche, Quentin repart dans « Boney Moroney » E2/5c (+- 6b/+). Cette voie assez courte offre une escalade engagée sur fissure dans le pure style du Peak District : voies courtes, engagées avec des mouvements en équilibre ou le mental joue plus que la force physique. Chacun d’entre-nous a pu l’enchaîner.

Nicolas Farcy dans la superbe fissure de Long Tall Sally Cyril Lapka dans la superbe fissure de Long Tall Sally

Dans l’après-midi, nous sommes retournés à Stanage sans les moucherons pour tenter un petit projet en bloc qui nous tenait à cœur : The Joker. Un seul mouvement pour un 8a bloc. Autant vous dire que les prises de départ étaient bien plates et que la réception finale était des plus délicates. Après quelques très bons essais au début, on se sentait toujours loin de la réalisation car, malgré une qualité de rocher incroyable, la chaleur n’arrangeait pas les choses et les deux petites plates de départ devenait littéralement intenables. Bref, The Joker restera en projet pour l’hiver prochain. En soirée, la fatigue mêlée à la paresse nous a poussé à nouveau dans le pub du village où nous avons dégusté de gigantesques et très ‘raffinés’ plats britanniques.

Quentin Coster dans London WallLe lundi matin, la pluie annoncée ne nous a pas arrêté dans notre quête du rocher et nous nous sommes rendus à Millstone Edge pour tenter un des projets de Quentin : London Wall. Le secteur ressemble à une grande carrière avec des voies beaucoup plus longues (35 mètres) faites d’arêtes et de fissures. Le rêve ! Arrivés au pied de « la voie », nous sommes restés sans aphones devant cette énorme face en léger dévers flanquée d’une unique fissure zigzagant jusqu’en haut. Gloups… Et Quentin a dit qu’il allait essayer ça ?! Oui, mais avant tout, il fallait s’échauffer. Pour ça, la fissure parfaite de « Embankment » (E1/5b) (+- 6a/b) fit l’affaire. Nous n’avions jamais grimpé une voie comme celle-ci. Il y avait une seule grosse fissure rectiligne en plein milieu d’un mur pratiquement lisse. Qu’elle extase de grimper dans une « vraie » voie en fissure ! On se croirait au Yosemite, entrain de porter nos gros ‘friends’ et de coincer nos mains et pieds à tout-va. Un pur moment de bonheur que la pluie est vite venue un peu gâcher. Quinze minutes après, en profitant de l’accalmie temporaire, Quentin se lance enfin dans « London Wall » (E5/6b) (+- 7a/b). (Photo 5) La fissure est beaucoup plus dure que les précédentes et après avoir placé deux Camalot C4, il chute pour la toute première fois ! Les coinceurs tiennent, c’est déjà ça ! Le problème dans cette voie est que les principales difficultés sont au début ce qui rend l’escalade tendue et engagée. Mais Quent, avec toute sa motivation, repart dans la voie pour tenter de passer ce début teigneux. Dans cet élan de motivation il oublie de bien replacer le coinceur du haut qui a amorti sa première chute et, quelques mouvements après, c’est à nouveau la chute. Le ‘friends’ du haut lâche mais Quent est fort heureusement retenu par le second et unique coinceur restant dans la voie. Plus de peur que de mal…

Pour éviter un bête accident, nous décidons de laisser ce projet de côté et nous reviendrons quand nous serons forts et aguerris. Cyril se jette alors dans « Time For Tea » (E3/5c) (+- 6b/c), une fissure un peu moins dure mais terriblement engagée sur la fin. Voyez vous-même : environ 20 mètres d’escalade classique (fissure) suivis d’une section délicate en diagonale sans protection (la dernière étant dans la fissure que l’on quitte 10 mètres plus bas).

Mais ce n’est pas cette dose d’adrénaline qui va déstabiliser le plus belge des français. Faisant preuve d’un calme et d’une concentration incroyable il sort la voie avant de crier sa joie un bon coup comme il en a l’habitude ! Quentin suivra juste après. (Photo 6)
La pluie tant annoncée fait enfin son entrée et nous ne serons pas déçus. Une bonne grosse pluie comme on en voie pas tous les jours. Et avec elle, il n’y avait plus moyen de grimper. Une fois n’est pas coutume, nous avions un plan de secours : se rendre à Sheffield pour faire du bloc dans la plus grande salle de la discipline au monde. Aussitôt dit, aussitôt fait ! Pendant des heures nous nous sommes déchaînés sur les structures incroyables de ‘Climbing Works’.

Quentin Coster dans Time for Tea Cyril Lapka dans une des dernieres voies a Stanage

La mardi était notre dernier jour en terre Anglaise. Puisque nous avions grimpé à outrance le jour d’avant et qu’il fallait attraper un ferry pour le retour, nous avons décidé de grimper la matinée dans quelques voies faciles de Stanage. (Photo 7)

En conclusion, ce petit voyage au Peak District fut selon nous une grande réussite malgré quelques ‘microscopiques’ problèmes. La motivation et la bonne humeur de cette équipe de choc fit de ce voyage un grand moment d’escalade mais aussi d’amitié. Le Peak District devrait être une destination incontournable pour tous ceux en quête de grès, d’escalade traditionnelle, de paysage grandioses et de chaleur humaine.

Merci au Club Alpin Belge pour nous avoir fourni le matériel manquant et permit de grimper dans cet endroit magnifique !
On retourne quand ?!...

Quentin Coster, Nicolas Farcy et Cyril Lapka

La vidéo du séjour est visible sur cette page !

 

Ajouter un Commentaire

Code de sécurité
Rafraîchir

Poster du mois

MaliFlorian Castagne dans "Vol au vent" (300m - 7a+ max), Main de Fatma (Mali)

T-Shirts C2C

T-Shirts C2CPremier T-Shirt C2C. A découvrir et à porter en (presque) toutes circonstances...

Amazing Ireland Preview

Amazing Ireland PreviewL'Irlande, quel pays fantastique,...et une destination de choix pour les grimpeurs.