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La Bérarde 2004
Je me souviens, nous étions neuf, impatients, obligés d'attendre Thomas qui avait décidé d'avoir 1h de retard. Finalement nous sommes partis péniblement, sous des tonnes de matériel et de bagages. Notre conducteur fou, capable de rouler 10h d'affilée sans se tromper (hum...c ette année seulement), était au volant. La belle camionnette blanche qui n'a pas perdu ses roues, filait sec vers la Bérarde, la "Mecque des alpinistes" enfin, surtout la Mecque des alpinistes du CAB ! Le REAJ était à "the place to be" les deux premières semaines de juillet, plutôt à "the place...où les grands du CAB peuvent discrètement surveiller ces jeunes boire du jus de raisins à l'oeil".
Je me souviens aussi de notre premier déjeuner sur notre si belle table, le nez à l'air, car les piquets de la tente avaient pris du retard en Belgique, de ces repas gastronomiques, de ces cris avant le souper : "Quel groupe prépare la bouffe ce soir?". Avec une bande d'adolescents mâles complètement crevés, personne ne se bousculait vraiment... Et de toute façon, il y a toujours une phrase du genre : " Qui a vu les boudins?".
Je me souviens de notre premier départ pour le refuge du Fond Turba, des premières ampoules, de nos plaintes de grimpeurs qui détestent marcher 5h (mais qui font des bonds sur la "Tête de la Maye"), de ces poignets crispés pour échapper à la grêle et aux déluges du ciel en montant au refuge de la Pilate, de nos souvenirs au-dessus du pic de la Grave après un couloir de glace qui nous a fait souffrir et tremblé de peur, de ces sachets de barres de céréales vides, du téléphérique du pic de la Grave qu'on a évidemment failli raté après une course magnifique, des stress (justifiés) de Chris, Mr Security, des conseils incessants de Laurent, de la patience infinie de Zen.
Je me souviens de nos discussions le soir, pas autour du feu mais d'une lampe à gaz, sur des "minis" sièges" instables et si on avait de la chance, avec un dossier. Je ne me souviens pas de tous les conseils techniques de Zen, Chris et Laurent mais de tous leurs encouragements. Et surtout, je me souviens du rire de Zen, des bonds de Laurent et des chansons qu'il fredonnait continuellement, des paroles "psy" de Chris, de l'immense déception de Damien qui n'a pas fait ses "Bans" mais bien les "Pointes de la Pilate" à la vitesse de l'éclair (hum, mauvais jeux de mots: L'orage est facétieux en Oisans!), de la fierté des grimpeurs, Gaël et Jérôme, après la Tête de la Maye, du professionnalisme d'Olivier aux écoles d'escalades, des mésaventures de Karl qui, ont peu le dire, s'est tout ramassé, de Quentin qui surveillait continuellement son sac même pendant les briefings, de la malchance de Charles qui a vu son matelas atterrir en douceur dans la rivière, des cris et regards admiratifs de Thomas: "Chef t'es le plus beau et le plus fort", et du savoir encyclopédique de Mario qui pouvait reconnaître toutes les montagnes d'ici et d'ailleurs.
La montagne, ça vous gagne (à fond) ! |