| Sierra Del Cadi |
| Lundi, 13 Avril 2009 12:06 |
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Samedi 6h41, entrée en gare de Toulouse du Corail Lunéa en direct de Paris Austerlitz, l'aventure sans fin continue. Adrian m'attend dans son camion. Après avoir récupéré Aude et toute une bande pressée de se frotter aux couloirs Pyrénéens, nous filons bientôt, direction Sierra del Cadi dans le Massif Pyrénéen.
Sur place, nous répartissons les cordées en fonction de l'expérience. Olivier, novice mais marathonien, me suit. Rien de bien compliqué, de la corde tendue sans points. Le plus fatiguant reste l'approche depuis le parking, un véritable gage de quiétude.
Les vues sur la Sierra sont saisissantes. Olivier, suit d'un bon rythme malgré le fait qu'il s'agit là de sa toute première expérience en montagne. Pas de reproche lorsque tous les 100 mètres, je lui promet une pause 100 mètres plus haut. Le sommet parait en effet bien plus sûr pour une halte avant la descente. Le couloir a purgé quelques caillasses pas bien engageantes et je ne connais pas l'assurance de mon co-équipier en pente raide.
Le passage le plus impressionnant de la voie reste celui qui nous engage sous une grosse pierre et qui débouche directement sur une minuscule vire de neige avec vue plongeante dans le vide. Heureux d'être encordé à 2 malgré l'absence de coinceurs ou sangles.
Le retour fait partie intégrante de la course. Nous arrivons en fin d'après-midi au parking, les genoux meurtris mais heureux de cette première découverte.
Le soir, chacun sort sa contribution au méga barbecue organisé sur le parking: bières belges, artisanales, vins, agneau, merguez, pain, moutarde,... Ardian nous a débusqué une ancienne grange qui dispose de lits superposés sur 3 étages pour une soixantaine d'âmes en tout à 2€ la nuit. C'est bien la première fois que je ne regrette pas le bivouac sous tente ! Mais bon, à 40 dans une même chambre, dont 30 espagnols, la nuit fût plutôt brève. Entrecoupée de départs en course... A 6h30, c'est notre tour.
Comme prévu la veille, je suis Camille et Jérémy dans une belle goulotte. Après 2 bonnes heures de marche, nous nous décidons enfin à enfiler nos baudriers et lacer nos crampons. La pente flirte avec les 45° et nous sommes encore un petit peu endormis pour être adroit dans nos mouvements! Je retiens pour une prochaine fois.
Nous grimpons en flèche avec Camille comme ouvreur, Jérémy et moi suivant en alternance. L'attaque se fait sur la gauche dans une faille qui crachote cailloux et neige. Je rejoins Camille en remontant sur les 2 cordes au reverso pendant qu'il monte lui même, dans le but d'écourter notre temps d'attente. Il prend le temps de bien protéger avant de passer un ressaut de quelques mètres à 90°. C'est donc ça du TD? La vire qui suit est couverte de neige mais au fond, la glace est bien là et ça accroche. Jérémy retire un gant pour s'aider en tirant à la corde. Ca nous parait bien pire qu'au piolet. Il confirme.
Camille rassure notre cordée en désignant ce point comme le crux de la voie.
200 mètres plus loin, un passage autrement plus dur nous fait déchanter. Il nécessite un blocage aux 2 épaules dans une faille en V avec une lolotte sur le rocher, en crampons. Les minutes passent, le temps se radoucit et Jérémy et moi tremblotons pendant que notre leader protège tant bien que mal ce rocher bien trop lisse. Installation d'une pédale pour Jérémy qui n'en peut plus mais finit par venir à bout de ce passage. Il faut dire que le point de non retour semble passé depuis longtemps.
La sortie passe par une grosse meringue qui nous donne encore quelques instants de plaisir. ![]() Nous redescendons en courant presque car le train n'attend pas... Nicolas Poels
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