 Avec ce mois de décembre particulièrement chaud et sec…hum…, on ne pouvait avoir envie que de fraîcheur. C’était tout décidé, on partait à Chamonix et on y allait pour la glace sous toutes ses formes et toutes ses couleurs !
Dans l’équipe de choc, il y avait tout d’abord Kevin alias kéké, le pigeon qui portait la corde à double. Il y avait aussi Nicolas alias Nicole, le petit rigolo de la bande. Et Quentin (c’est moi hé hé) alias Coco, euh…le maladroit.
Partis un lundi 27 décembre sur des routes enneigées, tout ne pouvait aller que pour le mieux. Et croyez-le ou non, le voyage c’est passé sans encombre si ce n’est quelques frayeurs et dérapages au passage d’un col particulièrement glissant et sans chaines !
Mardi matin, il faisait beau et nous nous sommes rendus dans les gorges de l’Arveyron pour affuter nos lames et notre technique…plutôt inexistante. Il avait beau faire froid et enneigé en Belgique, du côté de Chamonix, le temps était plutôt chaud et malheureusement les cascades de notre premier secteur n’étaient pas entièrement formées. En contrebas des langues de glaces, une rivière nous empêchait d’inspecter tranquillement le secteur à la recherche d’une quelconque cascade formée. Une équipe de suédois a alors inspecté les lieux en faisant des rappels pendant que nous, héros du dimanche, faisions nos grosses moules en attendant leur verdict sur la qualité de la glace. Le comble dans tout ça, c’est que ce fut l’unique fille du groupe qui se cola le rappel. Les machos sont vraiment partout… Elle nous dégota une belle cascade à faire en moulinette car la glace était trop fragile pour la faire en tête. De toute façon, on ne l’aurait jamais faite en tête ! « La classique du rocher Turner » (I/4+) était difficile pour une entrée en matière et la partie inférieure fondait à vue d’œil ! Nico fut le premier à se lancer. En sortant de là, il ressemblait à un alpiniste malchanceux qui s’était pris la drache de sa vie ! Il était trempé et c’était fun ! Après, ce fut autour de Kevin et de moi-même d’aller mouiller nos vêtements dans cette cascade pas vraiment gelée.
Après quelques heures à manger de la glace et son piolet (Kevin en connaît un rayon là-dessus), ce fut au tour de la neige. Sur le chemin du retour, un petit malin n’avait rien trouvé de mieux à faire que de provoquer des chutes de neige lors de nos passages en-dessous des sapins. Après ce bref retour en enfance, nous avons bougé à la recherche d’autres beaux cigares gelés ! Le secteur de la Crémerie était idéal ! Il y avait des voies plus faciles, des longueurs et surtout de la bonne glace. Seul bémol, il y avait aussi du monde et des imbéciles qui nous envoyaient leurs cordes ou des pavés de glaces sans même sans rendre compte. Merci le casque.
En soirée, comme tout alpiniste de Chamonix qui se respecte, nous avons fait les boutiques ! Oui, les boutiques. Mais entendez par là du lèche-vitrine devant des articles hors de prix. Mais c’était fun aussi !
Mercredi, nous avons à nouveau opté pour ce secteur et nous nous sommes directement lancés à l’assaut d’une grande voie de 3 longueurs. Mise à part des relais foireux (Mountain Spirit !) et un piolet égaré qu’il a fallut aller rechercher, on peut dire qu’on s’en est pas trop mal sorti. Kevin a bien joué son rôle de meneur dans « La Crémerie gauche ».
Bien échauffé, je partis en tête dans la seconde voie de la journée, « Moby Dick », et je mis énormément de temps pour enfoncer la première broche : « humf, tu vas rentrer saloperie… Yes j’y suis ! Zut non ! ». Heureusement, les broches suivantes furent plus coopérantes et la suite fut plus facile. La seconde partie de la voie était un mur vertical d’une dizaine de mètres, bien physique et l’une des plus belles longueurs que j’ai fait en glace jusqu’à ce jour. Un décor magnifique, une cascade parfaite et une équipe géniale ! Que demander de plus ?

Jeudi, dernière matinée d’action avant le retour. Nous avons choisi les cascades du Col des Montets. Il faisait froid, très froid ce jour là. Après s’être changé dehors comme des durs, nous étions à nouveaux prêts à en découdre avec la glace. Kevin partit en tête dans « La colonne », une longueur qu’il s’efforcera de faire en une seule fois, sans relais intermédiaire et en corde tendue pour la fin. La glace n’était pas aussi bonne que le mercredi et il fallait faire attention à ne pas envoyer des pavés de glace sur les seconds de cordée, c.-à-d. moi et Nico. Arrivé au sommet, Kevin fier de son relais me dit : « hé t’as vu ce relais ?! Super clair et super safe, c’est le top ! J’ai même ajouté une sangle sur ce fin tronc… Et d’ailleurs, tu es le premier à descendre essayer l’autre cascade plus sur la gauche…». Vous l’aurez compris, le relais était bel et bien pourri. Mais, il était malheureusement notre seul point d’ancrage disponible. La descente en rappel fut délicate. Parti en premier comme éclaireur, Kevin se fit attendre et quand vint mon tour après celui de Nico, je découvris (pour changer), un relais encore plus pourri que le précédent. Cette fois, il s’agissait d’un petit arbuste qui n’inspirait pas confiance. Pas le choix, il fallait descendre. Lentement et sûrement, nous nous sommes pendus en rappel sur ce buisson qui tenu heureusement le coup, le temps de notre descente.
Et ce fut sur ce rappel délicat que s’acheva notre séjour express à Chamonix, enfin presque...
Pendant notre retour vers la Belgique, nous furent pris en chasse par le mari d'une jolie dame pour qui nous avions eu la bonne idée de klaxonner. Certains ne connaissent pas le second degré...
Du second degré, ce petit voyage n'en n'a pas manqué et, avec une bonne tranche de rigolade, il fut donc une bonne occasion pour parfaire nos techniques en glace. |